En dehors de ce passage obligé, l’autre outil de promotion désormais incontournable est le web. Tous les journalistes vous le diront : écouter un disque pour le chroniquer, c’est bien ; mais recueillir le maximum d’informations sur l’artiste via son site web ou son adresse Myspace, c’est mieux. Si vous n’êtes pas familiarisé avec Internet, il est temps de vous y mettre. La chose peut être très ludique et, surtout, d’une redoutable efficacité. Pour vous faire une idée, rendez-vous sur ce drôle de site : www.warprecords.com/now. Reste qu’en matière de promotion, le cœur de cible doit être la presse ! Le but du jeu consiste à trouver les bons journalistes, leur fournir des documents concis et le plus clair possible et les relancer régulièrement… sans trop les harceler. Pour assurer cette mission, vous pouvez faire appel à un(e) attaché(e) de presse qui saura rédiger un communiqué et envoyer votre disque à une batterie de journalistes triés sur le volet. Mais si vous voulez le faire vous-même, voici quelques conseils.

• Ciblez les bons relais

Afin d’optimiser sa promotion, il faut d’abord trouver les bons médias ; étant entendu qu’un magazine sur le cinéma ne chroniquera jamais votre disque ! Ciblez donc les titres spécialisés sur la musique. Et parmi eux, faites un deuxième tri pour ne conserver que ceux qui seront susceptibles de parler de vous. Chaque titre de presse ayant sa propre ligne éditoriale, a priori, un fanzine spécialisé dans le rock a peu de chances de chroniquer votre CD de séga piqué… Il en va de même pour la programmation musicale en radio : si vous faites du heavy-metal, n’envoyez pas votre CD à Radio Nostalgie ; cela serait contre-productif… Cette première sélection vous évitera beaucoup d’envois (et de frais !) inutiles.

Ciblez les bons magazines ! By Tiago Ribeiro

• Planifiez vos envois

Il s’agit d’organiser sa promotion de façon intelligente afin d'obtenir le maximum de résultats en termes de diffusions et de retombées presse. Quel que soit votre style musical, adressez-vous d’abord aux médias spécialisés avant de solliciter les plus généralistes. Pour un disque de rock, par exemple, contactez les Inrockuptibles, Guitar Part magazine, Ouï Fm, Le Mouv ou Europe 2. Ensuite vous pourrez solliciter Télérama, Le Nouvel Observateur ou Libération, qui disposent de journalistes spécialisés dans chaque type de musique. Mais n’oubliez pas la presse quotidienne locale ! C’est encore votre premier allié.

• Adoptez le bon tempo



Pour que votre plan média soit le plus cohérent possible, choisissez bien votre date de sortie. A certaines périodes, les sorties sont légion. Ne prenez-pas le risque d’être noyé dans la masse des envois promotionnels ! Sachez qu’une bonne promotion doit s’étaler sur une période de deux mois encadrant la sortie du disque ; au-delà, vous risquez d’être peu crédible vis-à-vis des médias. Il est donc important de s’organiser à l’avance pour être dans le bon tempo et ne pas faire de faux-pas. En radio comme en presse écrite, envoyez votre maquette un mois avant sa sortie. Et relancez régulièrement les responsables éditoriaux à mesure que la date fatidique approche. En revanche, prévoyez un peu plus de temps pour la télévision. Les chaînes sont très sollicitées et il est souvent difficile de joindre les producteurs d’émissions. Côté Internet, enfin, vous pouvez prendre plus de liberté sur le calendrier. Cet outil jouissant encore d’une certaine forme de tolérance, rien ne vous interdit d’annoncer la sortie d’un disque un an à l’avance. En revanche, un site peu ou mal actualisé est vite mis au rencard par les journalistes. Aussi, ne négligez-pas cette opération simple qui consiste à mettre vos informations à jour.

• Soignez la logistique



Véritable nerf de la guerre, l’envoi de CD promotionnels doit être solidement planifié. Il vous faudra assurer un suivi régulier, relancer chaque média pour vérifier que le disque et son éventuel dossier de presse sont arrivés à bon port. Dans la foulée, profitez-en pour rencontrer des journalistes, invitez-les à la soirée de lancement de votre disque ; organisez le maximum de lives et de shows-case ; ne négligez aucune interview, aucun rendez-vous téléphonique… Même si votre interlocuteur vous paraît à côté de la plaque, cela ne signifie pas qu’il fera un mauvais papier. Et n’oubliez-pas cette règle du jeu : un journaliste déteste qu’on demande à relire son article. Il préférera écrire une bêtise que d’avoir à le faire valider.

• Faites un peu de publicité

Pour obtenir le maximum de résultat, il ne faut pas hésiter à solliciter les médias en leur proposant des échanges ou des opérations de partenariat. Peu coûteuses, puisque basées sur un échange de bons procédés, ces opérations s’avèrent souvent rentables au final. Si vous disposez d’un budget plus conséquent, vous pouvez aussi engager quelques frais pour des campagnes de publicité en radio ou télé locales ; souvent réalisés par les animateurs eux-mêmes, les jingles se négocient à des coûts relativement raisonnables. L’achat d’espace publicitaire dans la presse peut s‘avérer plus onéreux. Néanmoins, cela reste une bonne solution pour annoncer la sortie de l’album et les dates de concerts.