vendredi 30 janvier 2009 :: L'AUTOPRODUCTION
Distribuer son disque
Quand on a son disque en main, la tentation est grande de s’endormir sur ses lauriers. Et pourtant… Le marathon est loin d’être terminé. A vrai dire, pour qui veut vivre de son art, c’est même là que tout commence ! Car sans distribution, vous n’aurez que l’estime de vos proches… et quelques centaines de CD pour caler vos meubles. Aussi faut-il savoir quitter l’habit de lumière pour endosser un bleu de chauffe moins reluisant mais d’une redoutable efficacité.
Dans le cadre d’une autoproduction, vous n’aurez guère d’autre choix que de vendre votre disque « à l’ancienne », à la sortie des concerts. Ne négligez-pas cet aspect des choses : c’est souvent par le bouche-à-oreille qu’une carrière démarre vraiment. Vous pouvez aussi vous mettre en relation avec un distributeur indépendant qui se chargera d’écouler vos disques dans les magasins spécialisés. Si vous avez du bagout, vous pourrez peut-être traiter en direct avec les supermarchés, FNAC et autres Virgin. Mais la démarche reste compliquée car ces grands magasins ont généralement des contrats d’exclusivité avec des distributeurs. Vous devrez donc passer presqu’obligatoirement par un distributeur indépendant. Le plus souvent, il s’agira de dépôt-vente. Pour un prix unitaire de 15 euros en magasin, le commerçant gagnera environ cinq euros, le distributeur trois euros et vous sept euros.

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Vous pouvez enfin opter pour la distribution numérique. Nombreux sont les artistes qui ont recours à ce type de vente en ligne. Plusieurs sociétés proposent leurs services sur Internet, tels Wild Palms Music ou Bellieve.fr qui offre un catalogue d’environ 30 000 titres issus d’artistes autoproduits ou de labels indépendants. Ces sociétés se payent sur les ventes et, cerise sur le gâteau, ne facturent pas l’encodage des morceaux. Attention toutefois : les internautes n’achètent pas à la légère. Ce n’est pas parce que votre titre est en ligne que les mélomanes vont se ruer. Dans ce domaine, la promotion est capitale pour créer le buzz autour du CD. Reste que, pour l’heure, rien ne vaut une bonne distribution physique assurée par les professionnels de la profession. Si vous avez l’opportunité d’être accueilli par une maison de disque, sachez qu’il existe trois types de contrats.
• Le contrat d’artiste
Il fait de vous l’employé de la maison de disques. L’ensemble des frais est couvert par le label et vous êtes rémunéré sur la base d’un taux de royalties variant entre 8 % et 15 % des ventes au prix de gros (pourcentage modulable avec la notoriété et… les chiffres de ventes).

Lucky guy ! By Dplanet
• Le contrat de licence
Vous financez l’enregistrement de la bande-mère (le « master ») et la maison de disque prend en charge le reste des opérations (gravure, pochette, distribution, promotion). Elle vous ristourne alors environ 30 % des bénéfices sur le prix de gros.
• Le contrat de distribution
Vous assurez la totalité des frais d’enregistrement et de fabrication du disque, pochette incluse, et apportez à la maison de distribution un produit « fini », qu’elle accepte – ou non – de distribuer. Dans ce cas, vous récupérez environ 50 % du prix de vente, mais c’est vous qui êtes en charge de la promotion, le plus souvent via un(e) attaché(é) de presse free-lance. Signe des temps, de plus en plus de labels se spécialisent dans ce type de contrat qui fait prendre tous les risques à l’artiste.
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